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Cru Bourgeois exceptionnel de Saint-Estèphe
Propriété de CA Grands crus (filiale du Crédit Agricole) depuis 2004, le Château Meyney est un cru bourgeois supérieur de l’appellation Saint Estèphe, situé dans la Région de Bordeaux, sur la rive gauche de la Gironde. Le Château Meyney s’étend sur 51 Ha de vignes d’un seul tenant, âgées de 35 ans en moyenne et d’une densité de 9 000 pieds / ha. Le sol est constitué de graves profondes sur un socle d’argile bleu en sous sol, et l’encépagement du château est composé de Cabernet Sauvignon (60%), Merlot (30%), et Petit Verdot (10%).
La culture de la vigne à Meyney est antérieure à l'an 1625, ce qui en fait l'un des plus anciens vignobles du Médoc. En 1662, les archives désignent le lieu sous le nom de Couvent des Feuillants ou de Prieuré des Couleys : ce sont les Pères Feuillants qui y plantent les premiers rangs sur les croupes de graves dominant le fleuve, jetant les fondations d'un terroir qui allait s'affirmer au fil des siècles. Auparavant, le domaine avait déjà connu plusieurs propriétaires de renom, dont un maire de Bordeaux qui lui donna une notoriété de premier plan, puis des magistrats au Parlement.
À la Révolution française, le prieuré est confisqué comme bien national et vendu. Le domaine change ensuite plusieurs fois de mains au XIXe siècle, développant progressivement sa vocation viticole, et reste longtemps entre celles de la famille Luetkens. Le tournant moderne intervient en 1919, lorsque Désiré Cordier, célèbre négociant lorrain installé sur la place de Bordeaux, rachète la propriété pour étendre son portefeuille de crus bordelais. Sous l'ère Cordier, qui durera plus de huit décennies, Meyney internationalise sa distribution et forge sa réputation de vin structuré, puissant et d'une régularité exemplaire, positionné comme la référence des crus bourgeois de Saint-Estèphe. Les vins sont alors élaborés par l'équipe de Georges Pauli, qui veille également sur Gruaud Larose et Cantemerle. C'est aussi de cette période que date le château d'eau édifié au point culminant du domaine, qui rappelle l'importance de l'eau pour l'origine du site et offre une vue à 360 degrés sur l'estuaire et les parcelles. Cru Bourgeois dès 1932, le domaine est élevé au rang de Cru Bourgeois Supérieur au début des années 2000. En 2004, il est racheté par CA Grands Crus, filiale du Crédit Agricole, qui engage d'importants investissements dans la restructuration du vignoble et la modernisation des chais. Depuis fin 2013, Hubert de Boüard, du Château Angélus, accompagne les vinifications aux côtés d'Anne Le Naour à la direction technique et de Denis Rataud comme maître de chai.
Au coeur de la constellation des crus classés de Saint-Estèphe, le vignoble de 51 hectares d'un seul tenant occupe une croupe graveleuse naturellement drainée vers l'estuaire et idéalement exposée. Une pente accusée fait progressivement grimper les parcelles jusqu'à une vingtaine de mètres d'altitude, ce qui facilite l'évacuation de l'eau. Les graves siliceuses reposent sur un socle argilo-calcaire profond, indispensable réserve d'humidité pour les racines durant les épisodes de sécheresse, avec cette fameuse veine d'argile bleue qui constitue la signature géologique du cru et lui permet de traverser les millésimes chauds sans blocage de maturité.
Autre atout majeur, la micro-climatologie locale générée par la proximité immédiate de la Gironde : les masses d'eau agissent comme un véritable régulateur naturel lors des froids intenses comme des pics de canicule. L'encépagement est dominé par le cabernet sauvignon, autour de 65 à 67%, complété par le merlot et, surtout, par une proportion de petit verdot comprise entre 8 et 20% selon les millésimes, ce qui est rare dans l'appellation. Ces pieds proviennent de sélections massales issues de très vieilles vignes plantées dans les années 1950, un patrimoine génétique précieux que les équipes du château veillent à préserver et à multiplier. C'est ce petit verdot qui confère au vin sa couleur noire très profonde, ses notes épicées et son style racé, et qui, associé aux deux autres cépages, offre l'équilibre entre puissance et élégance recherché par la propriété.
Les vendanges sont effectuées manuellement, avec un double tri : une première sélection à la vigne, puis un second tri manuel au chai. Chaque cépage issu de vignes du même âge est vinifié séparément des autres, ce qui préserve la singularité de l'expression du terroir jusqu'à la dernière étape.
Les différents lots fermentent dans des cuves inox et béton thermorégulées par serpentin, avec des macérations ajustées à la structure de chaque parcelle. L'assemblage n'intervient qu'après une dégustation exhaustive des cuves, orchestrée par le maître de chai et l'oenologue conseil, et la sélection s'est nettement resserrée depuis la reprise du domaine. L'élevage se déroule ensuite sur une période de dix-huit à vingt-quatre mois selon les millésimes, en barriques de chêne français dont 30 à 40% sont renouvelées chaque année. Le second vin, lui, séjourne quelques semaines de moins en fût, avec seulement 10 à 15% de bois neuf, afin de préserver sa fraîcheur et son fruit. L'ensemble donne naissance à un vin ample, charnu et structuré, qui développe à maturité le charme inimitable des grands saint-estèphes : complexité, harmonie et équilibre.
Château Meyney (Saint-Estèphe AOC) : le grand vin de la propriété, assemblage de cabernet sauvignon dominant, de merlot et d'une proportion marquée de petit verdot issu des sélections massales du domaine. La robe est sombre et intense, presque noire dans les grands millésimes. Le nez, fruité et mûr, associe le cassis, la prune, la mûre et la cerise noire à des notes de moka, de grain de café, de fleurs blanches, de cèdre et d'épices, avec cette touche de romarin et de sauge que relèvent volontiers les dégustateurs. La bouche est ample et charnue, dotée d'une trame tannique dense mais polie et d'une finale saline caractéristique des terroirs bordant l'estuaire. Un saint-estèphe classique et énergique, austère dans sa jeunesse mais taillé pour la garde, qui se bonifie sur quinze à vingt-cinq ans et figure régulièrement parmi les meilleures affaires de l'appellation. Il se carafe environ une heure et gagne à attendre au moins trois à cinq ans après la mise. Les millésimes 2014, 2015, 2016, 2018, 2019 et 2020 comptent parmi les plus remarquables de la période récente.
Prieur de Meyney (Saint-Estèphe AOC) : le second vin de la propriété, créé en 1979, dont le nom rend hommage aux origines monastiques du lieu, connu au XVIIe siècle sous l'appellation de Prieuré des Couleys. Il est élaboré avec la même rigueur que le grand vin, mais à partir des parcelles produisant des vins plus souples et des vignes les plus jeunes du domaine, généralement âgées de quinze à vingt ans. Élevé quelques semaines de moins que son aîné en barriques de chêne français dont 10 à 15% sont renouvelées chaque année, il conserve ainsi toute sa fraîcheur et son éclat fruité. Le nez s'ouvre sur les fruits rouges et noirs croquants, la violette et une pointe épicée, la bouche se montre ronde, sapide et digeste, avec des tanins fondus. C'est une excellente introduction au style de Meyney, accessible dès deux ou trois ans de bouteille, parfaite sur une entrecôte grillée, un magret de canard ou un plateau de fromages affinés.
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