Château Bel Air Marquis d'Aligre

Un Margaux hors du commun

Les vins du Château Bel Air Marquis d'Aligre : achat au meilleur prix !

Le château Bel Air Marquis d’Aligre n’a pas été retenu pour le classement de 1855 car il ne vendait pas ses vins au négoce bordelais, dont les courtiers ont été chargés d’établir le célèbre classement des vins du Médoc. Il a seulement été intégré au classement des crus bourgeois de 1932 reconnaissants 6 crus exceptionnels, (dont par exemple le Château Poujeaux (Moulis)). Jean-Pierre Boyer est propriétaire du château Bel Air Marquis d’Aligre depuis 1950. Ce cru comporte 13 hectares, sur des sols légers pouvant conférer aux vins beaucoup d’élégance. Son vignoble, qui jouxte celui du Château Margaux, est composé de 30% de Cabernet Sauvignon, 30% de Merlot, 30% de cabernet Franc et de 10% de Petit Verdot.

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Bel Air Marquis d'Aligre 1973

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Bel Air Marquis d'Aligre 1995

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Bel Air Marquis d'Aligre 2010
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Bel Air Marquis d'Aligre 2010

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Histoire du Château Bel Air Marquis d'Aligre

L'exploitation agricole et viticole remonte au moins au XVIIIe siècle : la date de 1758 figure encore sur un écusson de brique au frontispice de l'un des bâtiments viticoles. La propriété doit son nom à ceux qui la possédèrent jusqu'à la fin du XIXe siècle, les marquis d'Aligre. Dans toutes les classifications des XVIIe et XVIIIe siècles, ce vin était déjà considéré comme l'un des meilleurs seconds crus du Médoc.

Pourtant, le cru est absent du classement de 1855. La raison tient à une décision de principe : le marquis d'Aligre réservait sa production à sa consommation personnelle et à ses amis, et refusait de passer par les courtiers bordelais qui établirent la hiérarchie. Le domaine est vendu par la famille en 1897, puis passe entre plusieurs mains, dont celles de Maurice Larronde, conseiller municipal de Soussans et membre de la Chambre d'agriculture. Il faut attendre 1932 et le premier classement des crus bourgeois pour que la propriété obtienne enfin le statut de grand cru exceptionnel, distinction rarissime qui figure toujours fièrement sur l'étiquette. Pierre Boyer rachète le domaine dans l'immédiat après-guerre, et c'est son fils Jean-Pierre Boyer qui en assure la conduite depuis 1950, après avoir participé, adolescent, à l'élaboration du légendaire 1947. Vigneron solitaire et intransigeant, il a signé plus de soixante-dix vendanges à la même adresse sans jamais céder aux modes. Fidèle à cette indépendance, la propriété a refusé de participer au classement des crus bourgeois de 2003, tout comme Château Gloria et Château Sociando-Mallet. Dans quelques millésimes des années 1960, le domaine a également commercialisé son vin sous une seconde étiquette, Bel-Air Marquis de Pomereu.

Terroirs et Vignes du Château Bel Air Marquis d'Aligre

Le vignoble couvre environ 13 hectares sur la commune de Soussans, à l'ouest de Margaux, dont une partie jouxte directement les parcelles de Château Margaux. Les sols associent des graves profondes à des terrains argilo-calcaires et à des veines de pierre à fusil, une configuration légère et drainante qui favorise un enracinement profond, une maturation lente et confère aux vins beaucoup d'élégance plutôt que de la puissance brute.

La véritable singularité tient à l'encépagement. Les quatre cépages médocains y sont plantés dans des proportions comparables, autour de 30% de cabernet sauvignon, 30% de merlot, 20 à 30% de cabernet franc et 10 à 15% de petit verdot, complétés par quelques rangs de malbec. Cette répartition, courante dans le Bordelais du XIXe siècle, est devenue rarissime aujourd'hui sur la rive gauche où domine le cabernet sauvignon. La proportion élevée de petit verdot est particulièrement distinctive. Surtout, les cépages sont complantés : ils se côtoient au sein d'un même rang, comme autrefois. Le domaine conserve par ailleurs une collection remarquable de très vieux ceps, dont certains dépassent les quatre-vingts ans et sont encore francs de pied, jamais greffés sur porte-greffe américain. Les rendements sont volontairement bas, autour de 25 hectolitres par hectare, pour une production d'environ 30 000 bouteilles par an seulement.

Vinifications du Château Bel Air Marquis d'Aligre

Ici, presque rien n'a changé depuis 1950. Pas de table de tri, pas de système informatique de régulation des températures, pas de consultant : un téléphone à manivelle, une serrure de cave du XIXe siècle et un homme qui se fie à son propre palais. Les raisins des différents cépages sont récoltés et pressés ensemble, exactement comme le voulait la tradition médocaine ancienne.

Les fermentations démarrent avec les seules levures indigènes, dans de grandes cuves de ciment. Jean-Pierre Boyer s'est débarrassé des barriques neuves dès les années 1950, les considérant comme un simple artifice commercial, et est revenu au béton pour la fermentation comme pour l'élevage, complété seulement par quelques vieilles futailles. L'élevage dure au minimum trois ans, et peut s'étendre de quatre à six années selon les millésimes, une durée sans équivalent à Bordeaux. Cette patience explique la texture si particulière du vin, dépourvue de tout marquage boisé et de toute astringence. Autre principe intangible : dans les années jugées médiocres, le vin n'est tout simplement pas mis en bouteille sous l'étiquette du château et part au négoce en vrac, comme ce fut le cas en 1992, 1993, 1994, 1997 ou 2002. Le domaine ne produit qu'un seul vin, sans second vin ni cuvée parallèle.

Les cuvées du Château Bel Air Marquis d'Aligre

Château Bel Air Marquis d'Aligre (Margaux AOC, grand cru exceptionnel 1932) : l'unique vin de la propriété, et l'un des plus singuliers de tout le Bordelais. Issu de l'assemblage complanté des quatre cépages médocains vendangés ensemble, vinifié en levures indigènes et élevé de trois à six ans en cuves de ciment, il ne connaît jamais le bois neuf. Sa robe est souvent d'une intensité modérée, parfois évoluée avant l'heure, mais c'est au nez et en bouche que le vin se révèle : petits fruits rouges et noirs, prune, épices douces, sous-bois, cuir ancien, tabac blond et notes florales. Assez peu puissant, il se caractérise par sa finesse, sa complexité délicate et la légèreté remarquable de ses tanins, dans un registre de fluidité et de sapidité très éloigné des standards bordelais contemporains. C'est précisément cette signature qui lui vaut d'être rapproché des grands pomerols et de certains vins de Bourgogne.

Ses capacités de garde sont exceptionnelles : les amateurs s'accordent à dire que le vin ne commence vraiment à parler qu'après quinze ou vingt ans, et qu'au bout de trente ans il se hisse dans le peloton de tête des vins de Bordeaux. Le long élevage en cuve suivi d'un long vieillissement en bouteille impose toutefois une préparation soignée : une aération prolongée, parfois de plusieurs heures et jusqu'à une journée entière, est fortement recommandée avant le service. Parmi les millésimes les plus recherchés figurent 1947, 1961, 1982, 1989, 1990, 1996, 2000, 2005, 2009, 2010 et 2016. À table, il accompagne magnifiquement un agneau de Pauillac, une volaille rôtie, un gibier à plume ou des fromages affinés à pâte pressée. Son rapport qualité prix, longtemps resté confidentiel, en fait l'un des grands secrets encore accessibles de l'appellation Margaux.

Bel-Air Marquis de Pomereu (Margaux AOC) : étiquette historique aujourd'hui disparue, utilisée par la propriété dans quelques millésimes des années 1960, notamment 1965 et 1968, pour commercialiser une partie de sa production sous un second nom. Ces bouteilles ne se rencontrent plus que dans les ventes aux enchères et chez quelques cavistes spécialisés dans les vieux millésimes, où elles constituent une curiosité pour les collectionneurs attachés à l'histoire du cru.

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