Les vins du Champagne Jacquesson : achat au meilleur prix !
Cette vieille maison située à Dizy a été reprise en 1974 par les frères Chiquet. On peut dire que depuis, le chemin parcouru est immense et qu’elle est devenue emblématique du Champagne de connaisseurs. Son vignoble est composé de 28 Ha (14 Ha de Chardonnay, 9 Ha de Pinot Noir et 5 Ha de Pinot Meunier). Le but de la Maison Jacquesson est de traduire le plus fidèlement possible, dans chaque bouteille de Champagne, le potentiel des terroirs proposés, tout en limitant les dosages au strict minimum. Chez Jacquesson, aucune hésitation à faire vieillir les cuvées le temps jugé nécessaire à leur meilleure expression, avant de les proposer à la vente.
L'histoire du Jacquesson est un roman épique, tissé de triomphes, d'innovations et de renaissances, qui en fait l'une des plus anciennes maisons de Champagne indépendantes. Tout commence en 1798 à Châlons-sur-Marne, lorsque Claude Jacquesson et son fils Memmie posent les fondations de l'entreprise familiale. Dès ses débuts, la maison fait sensation : en 1810, Napoléon Ier lui décerne une médaille d'or pour la qualité exceptionnelle de ses caves creusées dans la colline du Mont Saint-Michel, propulsant les vins Jacquesson au rang de favoris impériaux. Ces champagnes s'exportent rapidement à l'étranger, marquant une ascension fulgurante sous la direction de Memmie, qui s'associe en 1804 avec son cousin François-Félix Juglar pour booster la production.
Le XIXe siècle s'annonce mouvementé. En 1832, Adolphe Jacquesson, fils de Memmie, rejoint l'entreprise et injecte une dose d'ingéniosité révolutionnaire. Brillant inventeur, il dépose en 1844 le brevet du muselet, cette armature en fil de fer avec plaque métallique qui remplace la ficelle de chanvre pourrissante, évitant les fuites et les bouchons sauteurs. Adolphe ne s'arrête pas là : il conçoit une machine à rincer les bouteilles et des réflecteurs pour éclairer les caves, innovations qui modernisent la production et portent la maison à un million de cols annuels en 1867. Une anecdote marquante : en 1834, Johann-Joseph Krug intègre Jacquesson comme directeur avant de fonder sa propre maison en 1843, avec l'appui des Jacquesson, liant ainsi les destins de ces deux icônes du Champagne.
Mais le succès connaît des revers. Des ennuis financiers et une crise de succession, aggravés par la mort accidentelle des fils d'Adolphe, mènent à une tutelle en 1873 sous trois notables, dont Eugène Juglar. La maison passe alors entre plusieurs mains : en 1925, Léon de Tassigny l'acquiert, ajoutant 11 hectares à Avize et Oiry. C'est en 1974 que Jean Chiquet, vigneron et courtier, rachète Jacquesson à la famille de Tassigny, marquant le début d'une ère familiale revitalisante. Ses fils, Jean-Hervé et Laurent, prennent les rênes en 1988, imposant une vision traditionaliste et exigeante. Ils réduisent drastiquement les rendements, de 450 000 à 250 000 bouteilles, pour se concentrer sur des cuvées parcellaires, bio majoritairement, et un style vineux où l'effervescence n'est qu'un atout supplémentaire. Leur philosophie ? "Révéler la plus sincère expression du terroir, faire le meilleur vin que l’année puisse porter." En décembre 2022, un nouveau chapitre s'ouvre avec l'acquisition par Artémis Domaines, la holding vinicole de la famille Pinault, dirigée par Frédéric Engerer. Jean Garandeau, ancien de Krug, assure la direction, tandis que les frères Chiquet conservent un siège au conseil. Cette transition préserve l'indépendance créative, permettant à Jacquesson de rayonner comme une icône des vins de terroir, plébiscitée par les critiques et les sommeliers du monde entier.
Terroirs et Vignes du Champagne Jacquesson
Le terroir est au cœur de l'identité Jacquesson : un vignoble d'exception étendu sur 28 à 30 hectares, réparti entre deux régions emblématiques de Champagne, pour une diversité qui magnifie les vins. Dans la Grande Vallée de la Marne, la maison possède un Grand Cru à Aÿ et deux Premiers Crus à Dizy et Hautvillers, sur des coteaux pentus et crayeux orientés est, sud et sud-ouest. Ces sols riches en craie campanienne, sous un climat semi-continental frais (température moyenne de 10°C au 49e parallèle), confèrent aux raisins une minéralité profonde et une vigueur contrôlée. Plus au sud, dans la Côte des Blancs, paradis du chardonnay, deux Grands Crus à Avize et Oiry dominent, avec des parcelles plein sud sur des terres où la craie affleure, favorisant une maturité optimale et une acidité naturelle.
À cela s'ajoutent des compléments en Premiers Crus comme Mareuil-sur-Aÿ, et des achats ciblés (20% de la production) auprès de voisins à Chouilly (Grand Cru) et Cumières (Premier Cru), assurant une traçabilité totale et une livraison directe au pressoir. Les cépages ? Un équilibre harmonieux : environ 50% chardonnay pour l'élégance, 30% pinot noir pour la structure, et le reste en pinot meunier pour la gourmandise. Les vignes, âgées en moyenne de 30 ans, sont travaillées avec des méthodes traditionalistes : taille courte, labours mécaniques ou enherbement des rangs pour limiter la vigueur et révéler l'influence minérale sur le fruit. Les traitements sont majoritairement biologiques, sans herbicides, avec un ébourgeonnage rigoureux et un tri impitoyable pour ne conserver que les raisins sains et mûrs. Vendanges manuelles à la maturité idéale, priorité absolue des frères Chiquet, ces pratiques transforment le vignoble en un écosystème résilient, capable de surmonter les aléas climatiques. Acheter un vin de ce terroir, c'est s'offrir l'expression pure de la Champagne : des sols ancestraux qui imprègnent chaque cuvée d'une identité unique, alliant puissance et finesse pour des champagnes d'une longévité exceptionnelle.
Vinifications du Champagne Jacquesson
La vinification chez Jacquesson est un art d'orfèvre, où chaque étape honore le terroir et l'année, pour des vins d'une pureté remarquable. Tout commence par des vendanges manuelles, suivies d'un pressurage vertical ancestral : doux et contrôlé, il limite le triturage des raisins, extrayant ainsi des jus limpides sans amertume ni tanins excessifs des rafles et pépins immatures. Seuls les premiers jus de presse, les cuvées, sont retenus, les tailles (20 premiers litres) et seconds jus étant écartés ou revendus, garantissant une qualité irréprochable. Pas de chaptalisation : les moûts, débourbés par gravité sans froid, conservent leur intégrité naturelle.
Le chêne joue alors un rôle pivotal. Les jus fermentent en foudres anciens (500 litres) ou demi-muids, matériaux qui oxygènent subtilement les vins sans les aromatiser, favorisant une respiration harmonieuse. Les fermentations durent 3 à 4 mois, sur lies fines bâtonnées régulièrement, sans filtration ni collage pour préserver la complexité. L'élevage est long et minimaliste : jusqu'à la mise en bouteille suivante pour les assemblages, avec une seconde fermentation en bouteille et un vieillissement sur lies qui développe la texture crémeuse. Le dosage, choisi à l'aveugle entre 0 et 5 g/l, culmine en extra-brut (1,5 à 3,5 g/l en moyenne), soulignant la pureté et la maturité des raisins. Cette approche parcellaire, chaque vin de parcelle vinifié séparément, et l'usage du bois pour une oxydation ménagée confèrent aux champagnes Jacquesson une vinosité rare, une fraîcheur éternelle et un potentiel de garde de 10 à 20 ans. Pour les dégorgements tardifs, le processus s'étend, amplifiant les arômes tertiaires sans altérer la jeunesse.
Les cuvées du Champagne Jacquesson
Les cuvées Jacquesson sont des joyaux numérotés, où innovation rime avec terroir : pas de Brut Sans Année figé, mais des expressions vivantes du millésime, pour des vins qui évoluent d'année en année.
La série 700, cœur de la production (96% des volumes), révolutionne le non-millésimé : assemblage d'une année de base (80%) et de vins de réserve (20%), issus uniquement de Grands et Premiers Crus, premiers jus de presse. Vinifiée en foudres sans filtration, élevée 4 ans sur lies, dégorgée entre 3,5 et 4,5 ans post-vendange, elle offre un profil changeant, élégant, minéral, vineux, avec un dosage extra-brut. La première, 728 (base 2000), pose les bases.
Sa version D.T. (Dégorgement Tardif), vieillie 8-9 ans sur lies, expose au choc oxydatif pour une maturité complexe : la 733 D.T. (base 2005, dégorgée 2013) déploie des notes de fruits mûrs, de brioche et de minéralité saline, un trésor pour les connaisseurs.
Les cuvées Lieux-Dits, produites en quantités confidentielles (4% du volume) et seulement dans les grands millésimes (2002, 2004, 2005, 2007-2009, 2015), célèbrent la singularité parcellaire. Dizy Corne Bautray (1 ha chardonnay, planté 1960) : un Blanc de Blancs précis, floral et iodé, sur sols crayeux, élevé 7-8 ans. Avize Champ Caïn (1,3 ha chardonnay, 1962) : puissance minérale et tension citronnée, d'un Grand Cru emblématique. Aÿ Vauzelle Terme (0,75 ha pinot noir, 1980) : musclé, fruité noir et épicé, un Blanc de Noirs structuré du coteau sud. Dizy Terres Rouges (1,33 ha pinot noir, 1993) : rosé saignée intense, gourmand et tanique, depuis 2007 100% pinot noir. Ces parcellaires, dosés extra-brut ou zéro offre une expression du terroir incomparable.